La préfecture de police a-t-elle raison d'inviter les commerçants parisiens à recruter des vigiles contre les casseurs ?

· Justice et sécurité

En vue de la mobilisation du 24 octobre, la préfecture de police a invité les commerçants parisiens à recruter des agents de sécurité privés pour se protéger des casseurs.

Un agent de sécurité en gilet réfléchissant surveille l'intérieur d'un magasin
Photo atelierbyvineeth, Unsplash (licence Unsplash), photo d'illustration prise à l'étranger ; recadrée en 3:4

Le contexte

En marge de la mobilisation du 17 octobre et le lendemain, près de 3 000 commerces ont été vandalisés, surtout à Paris, Marseille et Lyon, selon Europe 1. En vue de la journée de mobilisation du samedi 24 octobre, la préfecture de police de Paris a invité les commerçants de la capitale à recruter des agents de sécurité privés pour se protéger des casseurs.

L'appel a fait polémique. « Quand l'État est faible, les Français ne se sentent plus protégés », a réagi Bruno Retailleau, candidat des Républicains, qui redoute que des particuliers s'arment pour se faire justice. Édouard Philippe, candidat à la présidentielle, juge qu'il « faut être exigeant avec l'État ». Le préfet de police, Patrice Faure, a reconnu une maladresse dans ses propos, tout en assurant que la protection des commerçants restait sa responsabilité et sa priorité.

Des commerçants sans moyens pour payer un vigile

Interrogés par Europe 1, plusieurs commerçants parisiens disent ne pas avoir les moyens de payer un vigile. « C'est très compliqué en ce moment, et il faudrait en plus qu'on paie pour pouvoir se protéger », explique l'une d'eux. Un opticien doute qu'un agent de sécurité puisse tenir face à des groupes nombreux et préfère fermer sa boutique quelque temps. Europe 1 ne fait état d'aucune aide publique pour financer ces agents.

Les arguments pour

  • La police ne peut pas garder à elle seule des milliers de boutiques Près de 3 000 commerces ont été vandalisés en France en marge du 17 octobre, surtout à Paris, Marseille et Lyon. Même avec 70 000 policiers et gendarmes mobilisés dans tout le pays le 24, les forces de l'ordre ne peuvent pas être devant chaque vitrine, alors qu'un agent sur place est présent dès la première minute.
  • Un vigile s'ajoute à la police sans la remplacer Le préfet de police assure que la protection des commerçants reste sa responsabilité et sa priorité. Conseiller une protection privée ajoute une précaution pour ceux qui peuvent se l'offrir sans réduire la présence policière, puisque l'État mobilise 70 000 policiers et gendarmes le 24, contre 60 000 le 17 octobre.

Les arguments contre

  • Protéger les commerces des pillards est le travail de l'État, pas une dépense privée Pour Bruno Retailleau, cet appel montre un État faible, et le risque est que des particuliers s'arment pour se faire justice. Édouard Philippe appelle aussi à être exigeant avec l'État.
  • Les petits commerces déjà touchés n'ont pas les moyens de payer un vigile Des commerçants parisiens interrogés par Europe 1 disent ne pas pouvoir payer un agent, et une gérante explique ne même pas avoir les moyens de réparer sa vitre. Un opticien doute qu'un vigile accepte de faire face à des groupes de plusieurs centaines de jeunes.

Sources

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