Les pillages du 17 octobre ont-ils discrédité le mouvement contre la vie chère ?

· Société

Le 17 octobre, 550 000 personnes selon le ministère de l'Intérieur et 800 000 selon les organisateurs ont manifesté contre la vie chère, une journée qui s'est terminée par des vitrines brisées, des pillages et des voitures incendiées.

Une foule dense de manifestants avec des pancartes dans une rue de Paris
Photo Jean-Baptiste D., Unsplash (licence Unsplash), Paris, marche pour le climat du 16 mars 2019 ; recadrée en 3:4

Le contexte

Samedi 17 octobre, la journée de mobilisation contre la vie chère a réuni « 550.000 personnes, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez » et « 800.000, selon les organisateurs », dont « 110.000 à Paris, 20.000 à Lyon et Nantes ». Les organisateurs portaient des revendications qui « agrégeaient gilets jaunes, lycéens et étudiants, salariés, militants pour le climat et antifascistes », selon l'AFP. La journée s'est terminée sur « Vitrines brisées, pillages et voitures incendiées », écrit l'agence ; à Paris, « des rues entières ont été méthodiquement ravagées », selon le maire Emmanuel Grégoire. Pour le politologue François Gemenne, interrogé par la RTBF, le Rassemblement national « tire les marrons du feu » en se posant en parti de l'ordre, et Jean-Luc Mélenchon est « quand même très gêné aux entournures ».

Les réactions politiques

Marine Le Pen juge que « la violence n'est pas une opinion, la destruction n'est pas un mode d'expression ». Édouard Philippe estime que « la responsabilité politique de LFI dans ces violences est considérable », quand Jean-Luc Mélenchon renvoie la faute à l'exécutif : « C'est de la faute du gouvernement, il n'y a que lui qui est responsable de tout ça ».

La réponse du mouvement

La CGT « appelle à continuer un mouvement qu'elle veut pacifique » et demande au gouvernement de cesser la répression ; pour le syndicat, « la responsabilité politique de la montée des violences revient au gouvernement ». Le sénateur communiste Fabien Gay, directeur de L'Humanité, s'interroge : « Pourquoi les gens qui manifestent pacifiquement se font matraquer et en même temps on laisse faire les pilleurs ? » Sur Europe 1, un militant LFI a témoigné : « Ces jeunes étaient là pour piller, pas pour des revendications politiques ».

Les arguments pour

  • Les images de rues ravagées ont effacé les revendications sur la vie chère Les vitrines brisées, les voitures incendiées et les rues entières ravagées ont pris toute la place, pas les pancartes des 550 000 à 800 000 manifestants. Le politologue François Gemenne observe que le Rassemblement national « tire les marrons du feu » en se posant en parti de l'ordre. Quand c'est le parti de l'ordre qui y gagne, ce n'est plus des prix que l'on parle.
  • Marine Le Pen et Édouard Philippe se servent déjà des violences pour attaquer la gauche qui soutenait le mouvement Édouard Philippe juge la responsabilité politique de LFI « considérable », Marine Le Pen affirme que « la destruction n'est pas un mode d'expression ». Chaque image de pillage sert désormais d'argument pour disqualifier ceux qui défilaient, et le mouvement passera du temps à se justifier au lieu de parler de prix.

Les arguments contre

  • Les pilleurs n'étaient pas des manifestants, et c'est la gauche elle-même qui le dit Sur Europe 1, un militant LFI l'affirme : « ces jeunes étaient là pour piller, pas pour des revendications politiques ». Fabien Gay oppose les centaines de milliers de personnes qui ont défilé pacifiquement aux pilleurs qu'« on laisse faire ». Mettre les deux dans le même sac, c'est donner raison à ceux qui préfèrent parler de sécurité plutôt que de prix.
  • La CGT appelle déjà à continuer : la colère sur les prix n'a pas disparu avec les vitrines Le syndicat veut poursuivre un mouvement pacifique, lancer des discussions sur les lieux de travail et obtenir des réponses aux demandes sociales. Les revendications sur l'école, auxquelles se sont ajoutées celles sur la vie chère, ne sont pas nées des pillages, et la CGT exige toujours que le gouvernement y réponde.

Sources

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