Faut-il retirer le lycée d'origine des dossiers Parcoursup transmis aux formations ?

· Éducation

Supprimer la mention du lycée d'origine dans les dossiers Parcoursup fait partie des pistes de la concertation lancée le 21 octobre par le ministère de l'Enseignement supérieur.

Les mains d'une personne en pull qui tape sur le clavier d'un ordinateur portable, près d'une fenêtre
Photo Christin Hume, Unsplash (licence Unsplash), lieu non précisé ; recadrée en 3:4

Le contexte

Sur Parcoursup, les formations connaissent le lycée de chaque candidat. Retirer cette information fait partie des pistes étudiées depuis le mercredi 21 octobre par une concertation éclair du ministère de l'Enseignement supérieur : trois groupes de travail, pour une dizaine de jours. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a promis de « premières décisions » le lundi 26 octobre aux lycéens mobilisés.

Des lycéens réclament cette suppression de longue date et y voient une source d'inégalités. En 2024, le député de Seine-Saint-Denis (groupe GDR) Stéphane Peu demandait déjà au gouvernement d'étudier l'anonymisation de l'établissement d'origine. Selon lui, ce critère joue « un rôle substantiel, parfois même considérable pour certaines formations très sélectives », au profit des centres-villes gentrifiés des métropoles et au détriment des lycées des territoires plus populaires.

Les réserves du supérieur

Un cadre de l'enseignement supérieur, interrogé anonymement par l'AFP, rappelle que les établissements n'ont plus grand-chose pour évaluer les élèves. Il précise que seule une minorité de formations regarde vraiment le classement du lycée. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, juge que la piste « doit être mise sur la table », mais qu'elle « comporte plus de complexités que ce que certains veulent parfois faire croire ».

Gilles Roussel, qui préside la concertation et le comité éthique et scientifique de Parcoursup, voit une vraie question dans le contrôle continu. Ce comité recommande des notes de référence, comme une banque d'épreuves ou des QCM normalisés.

Les arguments pour

  • Un bon élève d'un lycée de territoire populaire ne serait plus pénalisé par la réputation de son établissement Pour le député Stéphane Peu, sortir d'un lycée de territoire plus populaire constitue un frein important, alors que les lycées des centres-villes aisés en profitent. Sans le nom du lycée, la formation jugerait l'élève sur ses seules notes et ses résultats.
  • La mesure favoriserait la mixité scolaire Pour Stéphane Peu, l'anonymisation « pourrait constituer un puissant encouragement à développer la mixité scolaire ».

Les arguments contre

  • Sans le nom du lycée, les formations perdraient l'un des rares repères qu'il leur reste pour évaluer les candidats Un cadre du supérieur, anonyme, rappelle que les établissements « n'ont quand même plus grand-chose pour évaluer » les candidats, et que certaines formations, minoritaires, regardent comment se positionne le lycée. Gilles Roussel, qui préside le comité éthique et scientifique de Parcoursup, voit « une vraie question » dans le contrôle continu.
  • Il faudrait des épreuves communes pour remplacer le repère que donne le nom du lycée Le comité éthique et scientifique de Parcoursup recommande des notes de référence, comme une banque d'épreuves ou des QCM normalisés. Philippe Baptiste, qui accepte d'étudier la piste, juge qu'elle « comporte plus de complexités que ce que certains veulent parfois faire croire ».

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

Donner mon avis : OUI ou NON