La France doit-elle continuer d'accueillir des pandas prêtés par la Chine ?

· Environnement et énergie

Les deux dernières pandas de France quitteront Beauval le 17 décembre, et le parc annonce un nouveau couple prêté par la Chine pour dix ans au tout début de 2027.

Un panda géant regarde l'objectif, installé sur une grosse branche d'arbre au milieu du feuillage.
Photo Bruce Hong, Unsplash (licence Unsplash), photo d'illustration, recadrée en 3:4

Le contexte

Yuandudu et Huanlili, les jumelles nées à Beauval le 2 août 2021, quitteront le ZooParc le 17 décembre pour le Centre de conservation de Chengdu, en Chine. Kylian Mbappé est le parrain de la première, la plongeuse chinoise Zhang Jiaqi la marraine de la seconde. Elles partent pour pouvoir se reproduire avec des mâles qui ne leur sont pas apparentés. Leurs parents, Huan Huan et Yuan Zi, arrivés en 2012, sont repartis en Chine à la fin de l'année dernière, plus tôt que prévu à cause d'une insuffisance rénale de la femelle. Pendant quelques semaines, pour la première fois depuis 2012, il n'y aura plus aucun panda en France.

Un prêt, pas un cadeau

Le directeur du parc, Rodolphe Delord, promet l'arrivée « tout début 2027 » d'un nouveau couple, pour dix ans. Une lettre d'intention signée à Pékin en décembre 2025 fixe les grandes lignes de ce futur partenariat. Car les pandas ne s'achètent pas : dans le cadre de sa « diplomatie du panda », Pékin prête quelques rares animaux à l'étranger pour renforcer ses relations avec certains pays, et Beauval loue les siens à l'État chinois grâce à des accords franco-chinois négociés de longue date. En dehors de la Chine, seule une vingtaine de parcs zoologiques en possèdent. Le montant du loyer n'est pas public.

Ce que les pandas ont changé à Beauval

Ce parc du Centre-Val de Loire accueillait environ 600 000 visiteurs par an au début des années 2010. En 2023, il en a reçu 2 millions, pour un chiffre d'affaires de 113 millions d'euros, avec 35 000 animaux. Trois pandas y sont nés, les premiers en France, et l'espèce est classée « vulnérable » par l'UICN. Mais chaque naissance finit par un départ : les petits repartent tous en Chine, et le partenariat dépend du bon vouloir de Pékin. D'où la question : faut-il reprendre un nouveau couple, avec ce que cela suppose, ou tourner la page ?

Les arguments pour

  • Trois naissances à Beauval : la coopération fait vraiment avancer la protection de l'espèce Le panda géant est classé « vulnérable » par l'UICN et ne vit en liberté qu'en Chine. Les trois petits nés à Beauval, suivis conjointement par des vétérinaires et scientifiques français et chinois, montrent que l'élevage hors de Chine fonctionne. Le nouveau partenariat, cadré par la lettre d'intention de décembre 2025, porte sur la conservation, la recherche et l'élevage, pas seulement sur l'exposition au public.
  • Les pandas ont fait passer Beauval de 600 000 à 2 millions de visiteurs par an Depuis l'arrivée du premier couple en 2012, la fréquentation du parc a plus que triplé, jusqu'à 2 millions de visiteurs et 113 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023. Ce succès tient notamment, selon l'AFP, aux accords franco-chinois qui permettent au parc de louer ces animaux. Renoncer aux pandas, c'est se priver de l'animal auquel le parc doit une large part de ce succès, et de tout ce que cette fréquentation apporte autour de lui.

Les arguments contre

  • Accueillir un panda, c'est accepter un outil d'influence de Pékin La Chine ne prête ses pandas qu'à une vingtaine de parcs dans le monde, choisis pour « renforcer les relations avec certains pays ». L'animal sert d'instrument diplomatique, et le prêt se négocie entre États. Pour les sceptiques, un zoo français n'a pas à devenir la vitrine d'une politique étrangère, quelle que soit la popularité de l'animal.
  • Les petits nés en France repartent tous en Chine : le parc loue, il ne protège pas Yuan Meng, puis les jumelles, et demain les éventuels petits du nouveau couple : chaque panda né à Beauval finit par rejoindre Chengdu, et le loyer versé à l'État chinois n'est pas rendu public. Un prêt de dix ans renouvelable ressemble davantage à une location d'attraction qu'à un programme de conservation durable mené en France.

Sources

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