Faut-il abattre 5,5 hectares de mélèzes à Montgenèvre pour y accueillir des épreuves des JO d’hiver 2030 ?
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À Montgenèvre, le projet olympique prévoit de défricher 5,5 hectares de mélèzes pour créer et élargir des pistes, ce que contestent des habitants et des associations.
Le contexte
Montgenèvre, station familiale d’environ 800 habitants perchée à 1 800 mètres près de la frontière italienne, doit accueillir une partie des Jeux d’hiver 2030 : halfpipe, slopestyle, ski-cross, slalom géant parallèle et ski-alpinisme. Ce serait sa première grande compétition internationale.
Pour répondre aux exigences techniques, la Solideo, l’établissement chargé de livrer les ouvrages olympiques, propose de créer une nouvelle piste et d’en élargir une autre. Il faudrait pour cela défricher 5,5 hectares de mélèzes. En compensation, elle prévoit une « renaturation volontaire » d’une centaine d’hectares.
Une concertation agitée
La concertation préalable, menée sous l’égide de la Commission nationale du débat public, s’est achevée le 2 octobre. La dernière réunion publique a réuni une centaine de personnes, avec des échanges tendus. En ligne, la plupart des avis sont négatifs et mettent en cause le coût et l’utilité du projet. Le 6 septembre, environ 400 personnes avaient symboliquement « parrainé » les arbres menacés.
L’association Mountain Wilderness dénonce une artificialisation supplémentaire de la montagne. La chambre de commerce et la fédération locale du BTP soutiennent au contraire le projet. La maire, Muriel Jourdain, juge la mobilisation surtout médiatique, souligne que ces mélèzes n’ont pas de valeur marchande et met en avant les équipements que la station en retirerait.
La Solideo présente ce tracé comme la solution la moins dommageable trouvée jusqu’ici, tout en reconnaissant qu’il a un impact. Il n’est pas encore définitivement arrêté.
Les arguments pour
- Une petite station y gagne un télésiège, de la neige de culture et de meilleurs accès La maire attend des Jeux un nouveau télésiège, un chalet de chronométrage, des équipements d’enneigement et le désenclavement du secteur. Sans l’échéance olympique, une commune de 800 habitants aurait du mal à financer seule ces investissements.
- Les entreprises du Briançonnais comptent sur ces chantiers La chambre de commerce et la fédération locale du BTP parlent d’une occasion en or. Les travaux puis l’exposition médiatique des épreuves profiteraient aux artisans, aux commerces et aux hébergeurs de la vallée.
- La perte de forêt serait compensée par une centaine d’hectares renaturés La Solideo prévoit de restaurer près de 100 hectares en échange des 5,5 hectares défrichés, et présente ce tracé comme le moins dommageable identifié à ce stade.
Les arguments contre
- On sacrifie une forêt de montagne pour quelques jours de compétition Une nouvelle piste et l’élargissement d’une autre entraîneraient l’abattage de centaines de mélèzes. Mountain Wilderness y voit davantage de béton et d’artificialisation dans un massif déjà fragilisé, pour un événement de courte durée.
- D’autres stations savent déjà organiser ces épreuves Pendant la concertation, de nombreux contributeurs ont demandé pourquoi le ski-cross ne pouvait pas se tenir en Savoie, où les sites ont l’habitude des grandes compétitions internationales. Ils mettent aussi en doute le coût et l’utilité des aménagements à Montgenèvre.
Sources
- Montgenèvre 2030 : les aménagements olympiques face à la contestation locale, Europe 1 (avec AFP) (2026)
- JO-2030 : zizanie sur le sort de centaines de mélèzes dans une station des Alpes, L’info durable (AFP) (2026)
- Décision n° 2026/47/JOP Alpes 2030 Montgenèvre/1 relative à la concertation préalable, Commission nationale du débat public (2026)
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