Approuvez-vous la baisse de 351 millions d'euros des aides MaPrimeRénov' cette année ?
· Environnement et énergie
Le conseil d'administration de l'Anah a acté le 14 octobre une baisse de 351 millions d'euros du budget 2026 de MaPrimeRénov', soit 14 241 rénovations complètes et environ 40 000 dossiers de travaux isolés en moins.
Le contexte
Pour 14 241 logements, la rénovation complète attendue cette année n'aura pas lieu. Mercredi 14 octobre, le conseil d'administration de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) a adopté une délibération, consultée par l'AFP, qui ramène le budget 2026 des subventions de 4,38 à 4,01 milliards d'euros. Les rénovations globales du « parcours accompagné » perdent 255 millions, les travaux en copropriété 50 millions, et les travaux isolés du « parcours par geste » 46 millions, soit environ 40 000 dossiers de subvention en moins.
D'où vient la coupe
L'Anah explique que la baisse découle d'un gel de crédits décidé par le gouvernement en juin, pour limiter le risque de dérapage du déficit public dans un contexte marqué par la guerre au Moyen-Orient. Le gouvernement a aussi réduit, aux 1er septembre et 1er octobre, la liste des travaux éligibles aux aides par geste, pour concentrer l'argent sur les pompes à chaleur. Une partie des financements bascule vers les certificats d'économies d'énergie. Dans son communiqué, l'agence se contente de « prendre acte » de ces évolutions.
« Un recul lamentable »
Jacques Baudrier, adjoint PCF au logement à la mairie de Paris et membre du conseil d'administration, dénonce un « recul lamentable » de l'État. Il s'inquiète surtout de 2027 : le projet de budget présenté début octobre prévoit encore 200 millions d'euros de moins pour la dotation de l'Anah. Il plaide pour une recette fiscale dédiée à la rénovation énergétique et pour que l'agence puisse emprunter sur les marchés. Entre un État qui cherche des économies partout et des ménages qui comptaient sur l'aide pour isoler leur maison, le lecteur doit trancher.
Les arguments pour
- Quand l'État gèle ses crédits pour tenir le déficit, les aides à la rénovation ne peuvent pas être les seules épargnées La coupe ne sort pas de nulle part : elle applique un gel décidé en juin pour éviter un dérapage du déficit public, dans un contexte international qui pèse sur les finances. Même après la baisse, l'Anah distribue encore plus de 4 milliards d'euros de subventions cette année. Demander un effort à ce poste, c'est le traiter comme les autres dépenses.
- Mieux vaut concentrer l'argent sur les pompes à chaleur que saupoudrer des petits gestes Le gouvernement a réduit la liste des travaux isolés subventionnés pour cibler les pompes à chaleur, et une partie des financements passe aux certificats d'économies d'énergie, hors du budget de l'État. Pour ses partisans, la baisse des dossiers « par geste » traduit ce recentrage sur les équipements qui font le plus baisser les factures, pas un abandon.
Les arguments contre
- 14 241 maisons mal isolées de plus cet hiver, et autant de factures de chauffage qui ne baisseront pas Le chiffre vient de la délibération de l'Anah elle-même : les rénovations complètes prévues ne se feront pas, et environ 40 000 dossiers de travaux isolés disparaissent. Pour les ménages qui avaient monté un projet avec un artisan, l'aide promise s'évapore en cours d'année. Chaque logement non rénové continue de consommer, et de coûter, pendant des années.
- Des règles changées en septembre, en octobre, et encore 200 millions de moins en 2027 : impossible de se projeter La liste des travaux éligibles a été modifiée deux fois en deux mois, le budget 2026 est raboté en octobre, et le projet de budget 2027 retire déjà 200 millions à l'Anah. Jacques Baudrier, membre du conseil d'administration, parle d'un « recul lamentable » et réclame une recette dédiée pour sortir de ces à-coups. Ménages comme artisans ont besoin d'une règle stable pour engager des travaux qui se préparent sur des mois.
Sources
Vote ouvert jusqu’au .