Les manifestations du 31 octobre doivent-elles défiler hors des centres-villes ?

· Politique et démocratie

En visite à Marseille le 26 octobre, Emmanuel Macron a demandé que les cortèges du samedi 31 octobre suivent des parcours situés hors des centres-villes.

Une foule dense de manifestants tenant des pancartes en carton dans une rue de Paris
Photo Jean-Baptiste D., Unsplash (licence Unsplash) ; Marche pour le climat, Grands Boulevards, Paris, 16 mars 2019 ; recadrée en 3:4

Le contexte

Lors de sa visite à la mairie de Marseille, le président a demandé pour le samedi 31 octobre des tracés « à l'image des parcours définis le 24 octobre », hors des centres-villes, rapporte LCP. Selon la chaîne parlementaire, ces parcours visent à « prévenir les dégradations ou les pillages ». LCP évoque une journée « à risques ».

Le 24 octobre, 24 commerces ont été pillés selon un bilan provisoire du ministère de l'Intérieur, contre 1 522 commerces touchés le 17 octobre, indique l'AFP. Ce jour-là, 410 000 personnes ont manifesté selon le ministère, 800 000 selon la CGT.

Pour le 24 octobre à Paris, la préfecture de police avait d'abord autorisé un cortège entre Bastille et Nation, puis a imposé la veille un itinéraire entre la porte d'Italie et la porte de Vincennes, en périphérie. L'intersyndicale a jugé ce revirement « inacceptable » et maintenu le rendez-vous à Bastille, selon Euronews.

Le 24 octobre, le centre de Toulouse est resté « inhabituellement désert », rapporte l'AFP : une brasserie y a servi 36 couverts au déjeuner, contre 300 à 400 un samedi midi ordinaire. Les commerces qui ont fermé d'eux-mêmes ne bénéficient d'aucune compensation, souligne Alain Di Crescenzo, président de CCI France, cité par l'AFP.

Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michael O'Flaherty, a rappelé le 24 octobre aux États membres que « les actes de violence commis par certains individus ou groupes ne justifient pas des restrictions arbitraires ». La demande du président n'est pas une décision : dans les villes où la police est étatisée, « c'est le préfet qui prend la décision et uniquement lui », expliquait en février Nicolas Hervieu, professeur affilié à l'École de droit de Sciences Po, cité par Public Sénat.

Les arguments pour

  • Beaucoup moins de commerces ont été touchés le samedi des parcours éloignés Emmanuel Macron cite le 24 octobre en exemple, selon LCP. Ce jour-là, 24 commerces ont été pillés selon un bilan provisoire du ministère de l'Intérieur, contre 1 522 commerces touchés le 17 octobre, rapporte l'AFP.
  • Éloigner les cortèges des centres vise à éviter les pillages Selon LCP, ces parcours visent à « prévenir les dégradations ou les pillages », après un 17 octobre où 1 522 commerces avaient été touchés, selon le ministère de l'Intérieur cité par l'AFP.

Les arguments contre

  • Imposer un tracé contre l'avis des syndicats peut rendre les cortèges moins sûrs À Paris, l'intersyndicale a reproché à la préfecture d'être revenue, la veille du 24 octobre, sur un parcours « négocié et signé ». Selon elle, ce revirement « fragilise les conditions de sécurité ». Elle a maintenu son rendez-vous à Bastille, rapporte Euronews.
  • Les violences de quelques groupes ne justifient pas de restreindre le droit de manifester de tous Le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a appelé le 24 octobre les États membres à protéger la liberté de réunion pacifique et estimé que les violences de certains groupes ne justifient pas des restrictions arbitraires.

Sources

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