Approuvez-vous que des maires rouvrent aux voitures des rues réservées aux bus, aux vélos et aux piétons ?

· Environnement et énergie

Plusieurs maires élus en mars 2026, à Besançon, Mulhouse ou Avignon, rouvrent à la circulation des rues que leurs prédécesseurs avaient fermées aux voitures.

Une cycliste roule sur la chaussée d'une rue parisienne bordée d'immeubles
Photo Johan Mouchet, Unsplash (licence Unsplash), Paris ; recadrée en 3:4

Le contexte

À Mulhouse, une artère d'un kilomètre qui dessert le marché couvert était réservée aux bus et aux mobilités douces. Le nouveau maire, Frédéric Marquet (divers droite), la rouvre aux voitures. Cette fermeture a « compliqué le quotidien de nombreux habitants, commerçants et visiteurs », juge-t-il, dans une ville de 105 000 habitants parmi les plus pauvres de France.

Il n'est pas le seul. À Besançon, Ludovic Fagaut (LR) rouvre des voies fermées par l'ancienne maire écologiste Anne Vignot, et les parkings du centre sont gratuits deux heures à la mi-journée depuis le 1er septembre, à la demande des commerçants. À Avignon, Olivier Galzi rouvre plusieurs axes. À Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann a baissé les tarifs du stationnement, une mesure qu'elle dit « sociale ». La métropole de Lyon, passée à droite, a annoncé cet été le retour des voitures en centre-ville, contre l'avis de la mairie écologiste.

Ce qu'en disent les opposants

À Strasbourg, l'ancienne maire Jeanne Barseghian, désormais dans l'opposition, dénonce « le retour du tout-voiture » et affirme que la baisse des tarifs profite surtout aux automobilistes les plus aisés. À Avignon, l'adjoint Nicolas Donnadille parle au contraire de « rééquilibrage » et assure que les transports en commun et les mobilités douces ne sont pas remis en cause.

Pour la géographe Mariane Thébert, de l'université Gustave-Eiffel, le sujet se « repolitise », avec un vocabulaire comme « écologie punitive » ou « bobo urbain ». Elle estime que ces annonces relèvent pour l'instant surtout du discours, et qu'il faudra juger sur les faits.

Les arguments pour

  • Ramener des clients dans les commerces du centre-ville À Besançon, ce sont les commerçants qui ont demandé la gratuité du stationnement à midi. Le maire veut rendre le centre plus facile d'accès pendant la pause déjeuner, alors qu'environ 30 % des places des parkings restaient vides à cette heure-là, selon lui.
  • Ne pas pénaliser ceux qui n'ont pas d'autre choix que la voiture À Mulhouse, le maire invoque le pouvoir d'achat dans l'une des villes les plus pauvres de France. À Besançon, la mesure vise surtout les personnes qui travaillent en périphérie du centre et doivent venir en voiture.

Les arguments contre

  • Les automobilistes les plus aisés en profitent le plus Pour l'écologiste Jeanne Barseghian, la baisse des tarifs de stationnement à Strasbourg avantage d'abord ceux qui ont les moyens de circuler et de se garer en ville, plutôt que les ménages modestes.
  • Des rues défaites et refaites à chaque changement de maire Les voies rouvertes avaient été fermées par les équipes précédentes, parfois quelques années plus tôt. La géographe Mariane Thébert voit une « repolitisation » du sujet : les aménagements suivent les alternances plutôt qu'un plan de long terme.

Sources

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