Emmanuel Macron a-t-il eu raison de partir dans le Golfe chercher du pétrole après le week-end de violences ?

· Politique et démocratie

Le 19 octobre, Emmanuel Macron a entamé au Koweït une tournée dans le Golfe prévue jusqu'au 21 octobre pour obtenir des engagements sur des volumes de pétrole et de diesel, deux jours après un week-end de violences lors de manifestations.

Les tours du Koweït, en contre-plongée sous un ciel gris, à Koweït
Photo Shovit Chettri, Unsplash (licence Unsplash), Koweït ; recadrée en 3:4

Le contexte

Lundi 19 octobre, Emmanuel Macron « a atterri au Koweït où il a été accueilli par l'émir Mechaal al-Ahmad Al-Sabah ». Selon l'AFP, « Il se rendra ensuite aux Emirats arabes unis puis au Bahreïn et au Qatar d'ici mercredi ». Le déplacement, annoncé « Du 19 au 21 octobre » par Presse-citron, vise selon l'AFP à sécuriser des volumes de pétrole et de diesel « pour faire baisser les prix à la pompe ». L'Élysée résume : « l'objectif est d'avoir un certain nombre d'engagements » sur des volumes de « diesel et pétrole ». La tournée « a aussi vocation à renforcer des "partenariats économiques et de défense" », précise l'AFP.

Pourquoi le pétrole maintenant

« Les prix de l'énergie sont lourdement affectés par le blocus du détroit d'Ormuz », rappelle l'AFP, dans une région sous tension depuis « l'offensive israélo-américaine contre l'Iran en février ». Le président justifie le voyage par la nécessité de « sécuriser nos approvisionnements » et fait valoir que les manifestants ont « notamment » fait part « d'une inquiétude (...) sur le prix des carburants ». Presse-citron tempère : « la baisse des prix à la pompe dépend d'une équation complexe ».

Les critiques sur le moment choisi

Le chef de l'État est « Très critiqué après un week-end de violences qui compromet la fin d'un quinquennat déjà chaotique », écrit l'AFP. Son dispositif de maintien de l'ordre est mis en cause « tant par les oppositions que par les maires des villes impactées, de Paris à Marseille ». Avant de partir, il a refusé « la démission de son ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez » et lui a demandé de mettre en place de nouvelles méthodes contre les casseurs « au plus vite ». Pour le constitutionnaliste Benjamin Morel, cité par l'AFP, cette tournée « peut donner un sentiment de normalité (..) mais apparaître aussi comme déconnecté et laisser penser à une forme de vide du pouvoir ».

Les arguments pour

  • Les manifestants s'inquiètent du prix des carburants : négocier du pétrole répond à l'une de leurs demandes Selon Emmanuel Macron, les manifestants ont notamment fait part d'une inquiétude sur le prix des carburants, et l'AFP rappelle que le blocus d'Ormuz pèse lourdement sur les prix de l'énergie. Négocier des volumes de diesel et de pétrole avec les pays du Golfe s'attaque à l'une des préoccupations exprimées par les manifestants.
  • Le maintien de l'ordre revient au gouvernement, pas à un président qui resterait à l'Élysée Avant de partir, Emmanuel Macron a tranché : Laurent Nuñez reste ministre de l'Intérieur, avec consigne de changer de méthode « au plus vite ». Le dispositif de maintien de l'ordre et les nouveaux modes d'action contre les casseurs relèvent de la place Beauvau ; annuler une tournée diplomatique n'y aurait rien ajouté.

Les arguments contre

  • Quitter le pays au lendemain d'un week-end de violences nourrit l'impression d'un « vide du pouvoir » Le constitutionnaliste Benjamin Morel le dit : cette tournée peut apparaître comme déconnectée et laisser penser à une forme de vide du pouvoir. Alors que les oppositions et les maires de Paris à Marseille contestent son dispositif de maintien de l'ordre, le président est à l'étranger, loin des villes touchées.
  • Rien ne garantit une baisse à la pompe : le voyage vise des volumes, pas des prix L'Élysée parle d'engagements sur des volumes, pas de prix. Presse-citron rappelle que « la baisse des prix à la pompe dépend d'une équation complexe », et l'AFP que les prix de l'énergie sont « lourdement affectés par le blocus du détroit d'Ormuz ».

Sources

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