Un an après le casse, pensez-vous que le Louvre protège mieux ses œuvres ?
· Culture et médias
Le 19 octobre 2025, des cambrioleurs ont volé huit joyaux de la Couronne au Louvre ; un an plus tard, le musée affirme avoir renforcé sa sécurité, mais son président dit qu'il n'existe pas de solution rapide et le financement du grand projet n'est pas bouclé.
Le contexte
Le dimanche 19 octobre 2025 au matin, des cambrioleurs équipés d'un monte-charge de déménageurs et de disqueuses ont dérobé au Louvre des joyaux de la Couronne estimés à 88 millions d'euros. Quatre suspects ont été arrêtés, les deux premiers dès le 25 octobre 2025, mais les bijoux n'ont pas été retrouvés et le commanditaire n'est pas identifié. Selon une source proche du dossier citée par l'AFP, ce qui manque surtout aux enquêteurs, c'est « l'identification des receleurs ».
Un an plus tard, le musée le plus visité au monde, près de 9 millions de visiteurs par an, reste décrit par l'AFP comme vétuste, fragilisé par la surfréquentation et très vulnérable. Au moment du cambriolage, seuls 3 des 83 millions d'euros du « schéma directeur de sûreté » avaient été dépensés.
Les mesures prises depuis le vol
Des caméras périmétriques ont été installées « aux points les plus sensibles », les accès sécurisés et la rénovation du PC sécurité engagée. Un « Monsieur sûreté » a été nommé en juillet 2026 pour coordonner la sécurité, et le musée s'engage à investir environ 20 millions d'euros par an dans ce domaine d'ici 2032. Le président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé en février 2026, affirme que le schéma directeur « avance à grands pas », mais prévient qu'il n'y a « pas de solution de surface, facile et miraculeuse » et réclame un « grand plan Louvre ».
Les limites pointées
La Cour des comptes a reproché au musée d'avoir « privilégié des opérations visibles et attractives ». Fin 2025, Rachida Dati, alors ministre de la Culture, estimait qu'une mise aux normes complète imposerait presque de fermer le musée. Laurent Lafon, président de la commission de la culture du Sénat, juge qu'un changement de culture sur la sécurité prendra plusieurs années, et Christophe Leribault a parlé en juin d'un « Louvre à bout de souffle ». Le projet « Louvre - Nouvelle Renaissance », lancé en janvier 2025 et chiffré à un milliard d'euros, doit encore trouver 360 millions auprès de mécènes ; pour Christian Galani (CGT), la sécurité peut progresser sans ce projet.
Le 19 octobre 2026, jour anniversaire du vol, une cinquantaine d'étudiants de l'École du Louvre ont bloqué l'accès du musée en soutien au mouvement lycéen, l'empêchant d'ouvrir normalement à 9 h. Selon la direction, l'action n'a pas de lien direct avec le musée.
Les arguments pour
- Le musée a installé des caméras, sécurisé ses accès et nommé un responsable de la sûreté Depuis le cambriolage, le musée a installé des caméras aux points les plus sensibles, sécurisé ses accès, engagé la rénovation de son PC sécurité et nommé un coordinateur de la sûreté. Son président assure que le schéma directeur, presque intouché au moment du vol, « avance à grands pas ».
- Le musée s'engage sur 20 millions d'euros par an jusqu'en 2032 Là où 3 millions seulement avaient été dépensés sur un programme de 83 millions, le Louvre s'est engagé à investir environ 20 millions d'euros par an dans la sécurité d'ici 2032.
Les arguments contre
- Le président du musée parle d'un Louvre « à bout de souffle » et le changement de culture prendra des années Christophe Leribault parlait en juin d'un « Louvre à bout de souffle », et la Cour des comptes reproche au musée d'avoir privilégié des opérations visibles et attractives. Pour Laurent Lafon, président de la commission de la culture du Sénat, changer la culture de sécurité prendra plusieurs années.
- Une mise aux normes complète supposerait presque de fermer le musée C'est ce qu'estimait fin 2025 Rachida Dati, alors ministre de la Culture. Le président du Louvre confirme qu'il n'existe pas de solution de surface et que la sécurisation passe par des travaux sur le bâtiment historique, difficiles avec des millions de visiteurs par an.
- Le financement du grand projet de rénovation n'est pas bouclé Il manque 360 millions d'euros de mécénat au projet Nouvelle Renaissance, et Christophe Leribault a admis en juin ne pas savoir s'il réussirait à lever ces fonds. Il prévient que, sans réparation, le musée « se déclassera très rapidement » et pourrait à terme devoir fermer au public.
Sources
- Louvre : un an après le casse du siècle, le musée très vulnérable, Blick (AFP) (2026)
- Louvre : un an après le casse, l'énigme du commanditaire, Orange Actualités (AFP) (2026)
- Louvre : le président du musée ne voit « pas de solution miracle » pour la sécurité et réclame un « grand plan », 20 Minutes avec AFP (via Yahoo Actualités) (2026)
- L'accès au Louvre bloqué par des étudiants « en soutien » au mouvement lycéen, Orange Actualités (AFP) (2026)
Vote ouvert jusqu’au .