Laurent Nuñez doit-il démissionner après les violences du 17 octobre ?
· Justice et sécurité
Après les pillages et incendies survenus en marge des manifestations du 17 octobre, des responsables écologistes, insoumis et RN réclament la démission du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
Le contexte
Le samedi 17 octobre, la journée de mobilisation contre la vie chère a réuni 550 000 manifestants selon Laurent Nuñez, 800 000 selon les organisateurs. En marge des cortèges, des magasins ont été pillés à Paris, des manifestants sont entrés dans les mairies de Marseille et de Lille et la résidence de la préfète de Gironde a été saccagée. À Limoges, l'hôtel de ville a été incendié ; selon le préfet, il est en grande partie perdu.
Dimanche matin, le bilan provisoire communiqué par l'exécutif faisait état de 1 800 interpellations et de 500 policiers et gendarmes blessés.
Ceux qui réclament son départ
Au lendemain de la mobilisation, la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, a estimé qu'il n'y avait « pas d'autre issue » que la démission du ministre, en dénonçant une « répression indiscriminée ». Le député LFI Éric Coquerel a lui aussi demandé son départ. Au RN, Franck Allisio a jugé le ministre « complètement dépassé et incompétent », rapporte LCP.
LFI met en cause la doctrine de maintien de l'ordre ; pour le député Antoine Léaument, « l'impréparation du gouvernement est totale ». Les Écologistes dénoncent des violences contre des manifestants pacifiques, le RN un ministre incapable de contenir les débordements. Le PS, par la voix d'Olivier Faure, demande une modification de la doctrine de maintien de l'ordre sans réclamer de démission.
La réponse de l'exécutif
Laurent Nuñez n'a pas répondu directement à ces appels. Il a apporté son « total soutien » aux forces de l'ordre et aux sapeurs-pompiers, et attribue les premières exactions à « plusieurs milliers d'individus d'ultra gauche », rejoints ensuite par des pillards. En réponse à Jean-Luc Mélenchon, Sébastien Lecornu a jugé que faire porter la responsabilité des violences aux chefs de la police serait « une inversion dangereuse et cynique des responsabilités ». Emmanuel Macron devait s'adresser aux Français le dimanche 18 octobre à 20 heures, selon l'Élysée.
Les arguments pour
- Le ministre avait anticipé les débordements sans parvenir à les contenir La veille, Laurent Nuñez expliquait que l'ultragauche provoque « très souvent en fin de cortège » des dégradations et promettait d'être « extrêmement vigilant et réactif ». Marine Tondelier juge qu'il a « clairement sous-estimé l'ampleur » de la mobilisation, et Antoine Léaument juge que « l'impréparation du gouvernement est totale ».
- Le maintien de l'ordre dont il est responsable a frappé sans distinction Marine Tondelier dénonce une « répression indiscriminée » contre des manifestants pacifiques, et LFI met en cause le schéma de maintien de l'ordre élaboré par le ministère de l'Intérieur.
Les arguments contre
- Les destructions sont le fait de casseurs que la justice doit identifier Le ministre attribue les premières exactions à plusieurs milliers d'individus d'ultragauche, rejoints ensuite par des pillards, et des enquêtes sont en cours pour les identifier. Sébastien Lecornu juge qu'accuser les chefs de la police revient à une « inversion dangereuse et cynique des responsabilités ».
- Changer la doctrine de maintien de l'ordre compte davantage que changer de ministre Le PS, par la voix d'Olivier Faure, condamne les casseurs et demande une modification de la doctrine de maintien de l'ordre, sans réclamer le départ de Laurent Nuñez.
Sources
- « Il n'y a pas d'autre issue que sa démission » : Laurent Nuñez sous le feu des critiques après les violences du 17 octobre, LCP (2026)
- Manifestations du 17 octobre : soutien aux policiers ou critiques du maintien de l'ordre, les responsables politiques se divisent, LCP (2026)
- Manifestation du 17 octobre : Laurent Nuñez s'attend à une mobilisation importante et redoute des « dégradations de l'ultragauche », LCP (2026)
- 17 octobre 2026 : ce qu'il faut retenir de cette journée et de ses conséquences, Brut (2026)
- Au lendemain du 17 octobre, la France face à l'ampleur des dégâts, Sud Radio (2026)
- Violences du 17 octobre : Emmanuel Macron s'adressera aux Français ce soir, LCP (2026)
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