Faut-il interdire aux moins de 16 ans les jeux en ligne et messageries jugés nocifs, comme Roblox ou Snapchat ?
· Sciences et numérique
Le gouvernement norvégien veut inclure certaines plateformes de jeux et services de messagerie, dont Roblox, Snapchat et TikTok sous leur forme actuelle, dans son projet d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans.
Le contexte
La Norvège s'apprête à instaurer une interdiction des réseaux sociaux pour les enfants de moins de 16 ans, et son gouvernement veut y inclure certaines plateformes de jeux et services de messagerie, rapportent Euronews et l'AFP le 19 octobre. « Dans leur forme actuelle, TikTok, Snapchat et la plateforme de jeux Roblox devraient entrer dans le champ d'application » de la loi proposée. Le gouvernement a décidé d'évaluer les plateformes en fonction des risques potentiels pour les enfants.
La ministre de l'Enfance et de la Famille, Lene Vågslid, cible des applications « qui se présentent comme des jeux, mais qui regorgent en réalité de fonctionnalités telles que des systèmes de recommandation algorithmique, de la publicité illégale ciblant les enfants ». Il reviendra aux plateformes concernées de mettre en place des systèmes de vérification de l'âge.
Ce qu'a jugé le Conseil constitutionnel en France
Le texte norvégien n'est encore qu'une loi proposée. « En septembre, la France a tenté d'interdire les réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans », « mais le Conseil constitutionnel a censuré la mesure en raison de préoccupations liées à la liberté d'expression », rappelle Euronews.
Les arguments pour
- Roblox ou Snapchat exposent les enfants aux mêmes risques qu'un réseau social, sous un autre nom La ministre norvégienne vise des applications qui se présentent comme des jeux mais regorgent de fonctionnalités de réseau social, comme les systèmes de recommandation algorithmique ou la publicité illégale ciblant les enfants. Interdire TikTok sans toucher à Roblox ou Snapchat laisserait aux moins de 16 ans des services aux fonctionnalités comparables.
- Juger chaque plateforme sur ses risques pour les enfants, plutôt que sur son étiquette Le gouvernement norvégien a choisi d'évaluer les plateformes en fonction des risques potentiels pour les enfants, quel que soit leur nom commercial. Cette méthode évite qu'un service contourne la loi en se déclarant jeu ou messagerie, et fait porter la vérification de l'âge sur les entreprises.
Les arguments contre
- Couper les messageries aux adolescents, c'est couper le lien avec leurs amis et leur famille Une messagerie sert d'abord à parler à ses proches, et un jeu en ligne à jouer avec ses camarades. Une interdiction jusqu'à 16 ans priverait des adolescents d'outils de communication ordinaires, sur la seule base d'une évaluation des plateformes par le gouvernement.
- Une telle interdiction menace la liberté d'expression, comme l'a jugé le Conseil constitutionnel en France La tentative française de septembre, limitée aux réseaux sociaux avant 15 ans, a été censurée au nom de la liberté d'expression, rappelle Euronews. Étendre une interdiction aux jeux et aux messageries irait encore plus loin, avec une vérification de l'âge confiée aux plateformes, dont les sources ne précisent pas les modalités.
Sources
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