Faut-il interdire le défilement infini et la lecture automatique des vidéos sur les applications ?
· Sciences et numérique
Une députée néerlandaise a déposé le 2 novembre une proposition de loi pour interdire le défilement infini, la lecture automatique des vidéos et d'autres fonctions jugées addictives sur les services numériques.
Le contexte
Aux Pays-Bas, Barbara Kathmann, députée de Progressief Nederland (centre gauche, principal parti d'opposition), a déposé le 2 novembre une proposition de loi qui vise « les fonctionnalités de conception addictives les plus nocives » : le défilement infini, la lecture automatique des vidéos, les notifications push et les algorithmes manipulateurs. Les plateformes devraient aussi prouver que leurs services ne créent pas de dépendance. Elle veut que son pays soit « le premier pays au monde à interdire la conception addictive ».
Le texte vise les adultes autant que les enfants. « Aucune autodiscipline ne peut rivaliser avec les tours addictifs de Big Tech », affirme la députée, qui dit travailler avec des parlementaires de plusieurs pays européens, dont la France.
La Commission européenne doit présenter en novembre sa proposition sur l'équité numérique (Digital Fairness Act), dont une interdiction de la conception addictive à l'échelle de l'UE serait une mesure clé, selon Euronews. En juillet, elle avait déjà adressé à Meta des conclusions préliminaires : Facebook et Instagram n'auraient pas correctement évalué les effets du défilement infini et de la lecture automatique sur la santé de leurs utilisateurs, en particulier des mineurs. Meta conteste et dit avoir déjà pris des mesures pour protéger les adolescents. S'ils sont confirmés, ces griefs pourraient l'obliger à désactiver ces fonctions par défaut, sous peine d'une amende allant jusqu'à 6 % de son chiffre d'affaires mondial.
Les arguments pour
- Bruxelles juge que Meta évalue mal les effets du défilement infini sur la santé des mineurs Dans ses conclusions préliminaires, la Commission européenne estime que Meta n'a pas correctement évalué les effets du défilement infini et de la lecture automatique sur la santé mentale et physique, et qu'il a négligé des données sur l'usage nocturne des mineurs.
- Les réglages de temps d'écran se désactivent trop facilement Bruxelles juge les outils de contrôle parental et de gestion du temps faciles à désactiver ou trop complexes pour les parents. Une interdiction protégerait les enfants sans dépendre de la vigilance de chaque famille.
Les arguments contre
- Les adultes perdraient le choix de leur façon d'utiliser les applis La proposition néerlandaise vise tout le monde, adultes compris. Pour Meta, Bruxelles envisage seulement de désactiver ces fonctions par défaut, une mesure moins radicale qu'une interdiction.
- Meta affirme avoir déjà pris des mesures pour protéger les adolescents Meta conteste les conclusions de la Commission et affirme avoir déjà pris des mesures pour les adolescents. L'enquête européenne n'est pas close, et ses griefs restent provisoires.
Sources
Vote ouvert jusqu’au .