Faut-il un « acte II » des gilets jaunes le samedi 24 octobre, une semaine après le premier ?

· Société

Le 19 octobre, la coordination de gilets jaunes à l'origine de la journée du 17 octobre a appelé à un « acte II » le samedi 24 octobre, une semaine après des manifestations marquées par des pillages.

Des manifestants en gilets jaunes vus de dos, l'un portant une inscription au feutre sur son gilet
Photo ev, Unsplash (licence Unsplash), Lyon, 2019 ; recadrée en 3:4

Le contexte

Deux jours après la journée de mobilisation contre la vie chère, la coordination de gilets jaunes qui l'avait lancée a annoncé, le lundi 19 octobre, un « acte II » pour le samedi 24 octobre. Son site recensait déjà plusieurs dizaines d'actions ; selon L'Express, plus d'une centaine sont programmées, dont 87 manifestations dans toute la France. « Il y a clairement une énorme poussée pour qu'il y ait un acte II », a déclaré à l'AFP Benjamin Ball, éditeur du site 17octobregiletjaune.net.

L'acte I a réuni 550 000 personnes selon le ministère de l'Intérieur, 800 000 selon les organisateurs, avec 1 750 rassemblements recensés par la CGT. À Paris, les tensions ont commencé dès la mi-journée près de la place de la République, avant le départ du défilé, qui s'est lui achevé dans le calme place de Clichy ; la journée a ensuite basculé, à Paris comme à Lyon, Marseille, Lille, Rennes ou Bordeaux, avec les pillages, les voitures incendiées et l'incendie de la mairie de Limoges. Le ministère compte 2 397 interpellations et près d'un millier de blessés, forces de l'ordre et manifestants, selon les autorités.

Ce que demandent les organisateurs

L'appel du 17 octobre, signé notamment par la Coordination régionale Bloquons tout Île-de-France, Indignons-nous Bloquons tout et Peuple Révolté, réclame le blocage des prix à la pompe, la récupération des superprofits pétroliers, le référendum d'initiative citoyenne et des services publics sur tout le territoire. Il invite à marcher dans des cortèges déclarés, à agir sur les ronds-points et devant les stations-service, et dénonce la réponse policière, LBD, grenades et gardes à vue.

Le contexte de la semaine

Le Premier ministre a demandé aux préfets des couvre-feux partiels et localisés dès le 19 octobre au soir, mesure qui, selon L'Express, pourrait entrer en conflit avec le projet des gilets jaunes : lundi, à la mi-journée, la coordination n'avait déposé aucune déclaration de manifestation en préfecture, et les tracés des défilés pourraient être contraints. Une action est aussi prévue le 31 octobre, et une intersyndicale appelle à manifester le 5 novembre.

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a estimé que « les casseurs ne feront jamais avancer les revendications de ceux qui manifestent pacifiquement ». Marine Le Pen a jugé les revendications « légitimes » tout en accusant l'extrême gauche de les détourner, et la CGT a appelé à poursuivre une mobilisation pacifique.

Les arguments pour

  • Attendre laisserait les pillages occuper seuls le débat sur la vie chère L'acte I a mis dans la rue 550 000 à 800 000 personnes autour des prix à la pompe, des superprofits pétroliers et des services publics. La coordination espère réunir autant de monde, voire plus, malgré les débordements, et constate une « énorme poussée » pour recommencer.
  • Un cortège peut défiler dans le calme, comme à Paris samedi après-midi Le 17 octobre à Paris, malgré les tensions parties dès la mi-journée près de République avant le départ du cortège, le défilé s'est achevé dans le calme et dans une ambiance festive place de Clichy. Les organisateurs appellent de nouveau à des cortèges communs et déclarés.

Les arguments contre

  • Rappeler à manifester sept jours après 3 000 commerces dégradés ou pillés expose les villes à une rechute Le bilan du 17 octobre atteint 2 397 interpellations, près d'un millier de blessés et au moins 3 000 commerces touchés selon le gouvernement. Le ministre de l'Enseignement supérieur rappelle que les casseurs ne font pas avancer les revendications des manifestants pacifiques.
  • Lundi à la mi-journée, aucune manifestation n'était déclarée, alors que des couvre-feux se mettent en place Le 19 octobre à la mi-journée, la coordination n'avait déposé aucune déclaration en préfecture, et les couvre-feux localisés demandés par le Premier ministre pourraient contraindre les tracés des défilés. Sans déclaration, les cortèges du 24 octobre n'auraient ni parcours ni horaires fixés avec les préfectures.
  • Les syndicats ont déjà fixé leur rendez-vous au 5 novembre Une intersyndicale appelle à une journée de grève et de manifestations le 5 novembre, et la CGT demande une mobilisation pacifique. Avec le 24 octobre, le 31 octobre puis le 5 novembre, trois dates se succèdent en douze jours pour un mouvement qui appelle à la convergence.

Sources

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