Approuvez-vous la régularisation exceptionnelle de sans-papiers lancée par l'Espagne ?

· Europe et international

Le Danemark a demandé le 16 octobre à la Commission européenne d'examiner la régularisation de sans-papiers lancée en avril par l'Espagne, qui visait environ 500 000 personnes.

Un drapeau espagnol flotte au sommet d'un mât devant un ciel bleu
Photo Chris Boland, Unsplash (licence Unsplash) ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le 16 octobre, au sommet européen de Bruxelles, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a demandé à la Commission européenne d'examiner le plan espagnol de régularisation des sans-papiers, rapporte Euronews. Elle souhaite que la Commission examine ce qui se passe quand un pays fait « presque exactement l'inverse » de la plupart des autres États membres. Le Danemark considère ce plan comme un possible facteur d'attraction pour l'immigration irrégulière.

Le gouvernement de Pedro Sánchez a lancé ce plan à la mi-avril par décret royal, sans vote du Parlement, où il n'a pas de majorité, selon l'AFP. Il répondait à une initiative populaire de plus de 600 000 signatures, soutenue par quelque 900 associations. Pour en bénéficier, il fallait justifier d'au moins cinq mois de présence en Espagne au 1er janvier et ne pas avoir de casier judiciaire. Le titre accordé permet de vivre et de travailler en Espagne uniquement.

Le gouvernement visait environ 500 000 personnes, surtout des Latino-Américains déjà installés dans le pays. Le 30 juin, dernier jour des dépôts, environ 900 000 dossiers avaient été déposés et 360 000 déjà jugés recevables, selon une source gouvernementale citée par l'AFP.

Selon l'AFP, Pedro Sánchez défend le plan au nom des droits de personnes qui contribuent au développement économique et des besoins de main-d'œuvre, notamment dans le bâtiment. Le président de la CEOE, principale organisation patronale espagnole, a salué son approche pragmatique. Le principal parti d'opposition de droite et l'extrême droite de Vox s'y opposent. Selon Euronews, le projet de conclusions du sommet, vendredi, ne mentionnait pas le plan espagnol.

Les arguments pour

  • Régulariser donne des droits à des personnes qui contribuent déjà à l'économie Selon l'AFP, Pedro Sánchez estime que ces personnes, qui contribuent au développement économique du pays, doivent avoir des droits. Il présente la mesure comme « un acte de normalisation ».
  • Le pays a besoin de main-d'œuvre face au vieillissement Le gouvernement espagnol invoque le vieillissement de la population et les besoins de main-d'œuvre, notamment dans le bâtiment, rapporte l'AFP. Le président de la CEOE, principale organisation patronale espagnole, a salué cette approche pragmatique.

Les arguments contre

  • Une régularisation peut attirer davantage de migrants irréguliers Le Danemark voit dans le plan espagnol un possible facteur d'attraction vers l'Europe, selon Euronews.
  • Une mesure de cette ampleur a été prise sans vote des députés Faute de majorité au Parlement, le gouvernement a choisi un décret royal, qui ne nécessite pas de vote, selon l'AFP. La droite et l'extrême droite s'opposent au plan.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

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