Faut-il généraliser l'enfouissement des lignes électriques basse et moyenne tension ?

· Environnement et énergie

Le vendredi 23 octobre à midi, la tempête Austen privait d'électricité 288 600 foyers, selon Enedis, surtout en Bretagne, dans les Pays de la Loire et en Normandie.

Un tronc d'arbre tombé sur des lignes électriques en forêt
Photo Tatiana Rudneva, Unsplash (licence Unsplash), photo d'illustration, lieu non précisé ; recadrée en 3:4

Le contexte

Le vendredi 23 octobre, la tempête Austen a placé 23 départements en vigilance orange pour le vent, avec des rafales de 120 km/h dans l'intérieur des terres et de 130 à 140 km/h sur la côte. À midi, Enedis comptait 288 600 foyers privés d'électricité, dont 148 500 en Bretagne, selon Europe 1. Les ponts de Saint-Nazaire et de Cheviré, à Nantes, ont été fermés à la circulation, avec une réouverture prévue dans la matinée. Le pont de Normandie a été totalement fermé à 10 heures. Le trafic ferroviaire était interrompu sur les lignes normandes.

Les tempêtes de 1999 avaient privé de courant 3,5 millions de foyers. Elles ont conduit Enedis à accélérer l'enfouissement de ses lignes aériennes, selon L'info durable. D'après un rapport parlementaire de 2001 cité par Nantes Métropole, seuls 29 % du réseau français étaient alors souterrains. Aujourd'hui, 99 % des nouvelles lignes sont construites sous terre et, dans la métropole nantaise, plus de 76 % des 6 000 km de lignes sont enterrés. Selon Enedis, cité par la métropole, l'enfouissement rend le réseau « plus résilient, notamment face aux effets du changement climatique ».

Coût et limites de l'enfouissement

Le gestionnaire du réseau consacre environ 1 milliard d'euros par an à la modernisation et à la résistance de ses 1,4 million de kilomètres de lignes, selon L'info durable. Pour la basse tension, Nantes Métropole indique un coût de 180 euros par mètre en souterrain, contre 80 euros pour des câbles aériens isolés.

Lors des canicules prolongées, la température souterraine peut atteindre 120 à 130 °C, selon L'info durable, alors que les câbles urbains sont conçus pour résister à plus de 90 °C sous le bitume. Cette chaleur accélère leur vieillissement.

Les arguments pour

  • Un câble enterré ne tombe pas sous un arbre arraché par le vent Un câble souterrain échappe aux chutes d'arbres et de branches qui coupent les lignes aériennes. Selon Enedis, cité par Nantes Métropole, l'enfouissement rend le réseau plus résilient face au changement climatique, et chaque coupure évitée épargne aussi les feux de circulation et les transports publics.
  • Selon les gestionnaires du réseau, les travaux menés depuis 1999 ont limité les dégâts de la tempête Ciaran Après les tempêtes de 1999, Enedis a accéléré l'enfouissement de ses lignes. Selon Enedis et RTE, cités par L'info durable, les dégâts de la tempête Ciaran, fin 2023, auraient été plus importants sans ces investissements. Poursuivre le chantier étendrait cette protection aux zones encore équipées de poteaux.

Les arguments contre

  • En basse tension, enterrer un câble coûte plus du double que le poser sur des poteaux En basse tension, Nantes Métropole indique 180 euros par mètre en souterrain contre 80 euros en aérien. Enedis consacre déjà environ 1 milliard d'euros par an à son réseau de 1,4 million de kilomètres : généraliser l'enfouissement alourdirait nettement cette dépense.
  • Sous terre, les câbles s'usent plus vite pendant les canicules Lors des canicules prolongées, la température souterraine peut atteindre 120 à 130 °C, alors que les câbles urbains sont conçus pour résister à plus de 90 °C sous le bitume. Selon L'info durable, cette chaleur accélère leur vieillissement et augmente le risque de claquage, surtout pour les câbles anciens.

Sources

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