Emmanuel Macron doit-il démissionner avant la fin de son mandat ?
· Politique et démocratie
Emmanuel Macron recueille 83 % d'insatisfaits dans le baromètre CSA pour le JDD publié le 25 octobre, et le RN comme La France insoumise réclament son départ.
Le contexte
Le baromètre mensuel CSA pour le JDD, publié le 25 octobre, donne à Emmanuel Macron 16 % de satisfaits et 83 % d'insatisfaits, en baisse de 7 points. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, perd 5 points, à 22 % de satisfaits. Le JDD relie ce recul notamment aux violences du 17 octobre et aux pillages qui ont suivi, à la colère des lycéens et des étudiants et à l'austérité budgétaire.
Les appels au départ viennent de bords opposés. Jordan Bardella, président du RN, a déclaré : « Qu'il demande pardon et qu'il s'en aille », rapporte le quotidien suisse Blick, qui cite aussi une ancienne conseillère de l'Élysée : « Macron démission, c'est le slogan de La France insoumise ». Le 25 octobre, dans le Grand Rendez-vous d'Europe 1, le député LFI Éric Coquerel a posé une alternative à Emmanuel Macron, selon le titre de l'émission : « Soit vous cédez, soit vous partez ».
Selon Blick, le président aurait envisagé un départ anticipé après les émeutes avant d'y renoncer, une information que l'Élysée dément fermement.
La prochaine présidentielle est prévue les 18 avril et 2 mai 2027. En cas de démission, le président du Sénat assurerait l'intérim et l'élection devrait se tenir dans un délai de 20 à 35 jours, rappelle LCP. Pendant cet intérim, l'Assemblée ne pourrait pas être dissoute, aucun référendum ne pourrait être organisé et le gouvernement ne pourrait pas recourir au 49.3.
Les arguments pour
- Un président dont plus de huit Français sur dix sont insatisfaits peut difficilement ramener le calme Le baromètre CSA pour le JDD compte 83 % d'insatisfaits. Selon Blick, Emmanuel Macron aurait lui-même songé à démissionner pour ramener le calme après les émeutes du 17 octobre, ce que l'Élysée dément. Le RN et La France insoumise réclament son départ.
- Une élection anticipée rendrait la parole aux électeurs sans attendre le printemps En cas de démission, l'élection devrait avoir lieu dans un délai de 20 à 35 jours, rappelle LCP. Les Français choisiraient alors un président doté d'un mandat neuf, au lieu d'attendre avril 2027.
Les arguments contre
- La présidentielle est déjà prévue dans moins de six mois Le premier tour est fixé au 18 avril 2027 et le second au 2 mai. Une démission n'avancerait le scrutin que de quelques mois, avec une campagne réduite à quelques semaines.
- Un intérim priverait le gouvernement du 49.3 en pleine discussion du budget Pendant l'intérim assuré par le président du Sénat, le gouvernement ne peut pas recourir au 49.3, selon LCP. Or le budget 2027 est en discussion sans majorité, et Éric Coquerel estime sur Europe 1 que l'exécutif « va tenter de faire passer son budget en 49-3 ».
Sources
- 83 % d'insatisfaits : après une semaine noire, Emmanuel Macron au plus bas, Le Journal du dimanche (2026)
- Démissionner face aux émeutes : Macron y a pensé, mais..., Blick (2026)
- Emmanuel Macron : « Soit vous cédez, soit vous partez », lance Éric Coquerel, Europe 1 (2026)
- Budget 2027 : « Le gouvernement va tenter un 49-3 », pressent Eric Coquerel, Europe 1 (2026)
- Élection présidentielle anticipée réclamée par Édouard Philippe : quelles sont les règles ?, LCP (2026)
- Présidentielle 2027 : l'élection aura lieu les 18 avril et 2 mai, Euronews (2026)
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