Faut-il faire payer 178 euros l’inscription en BTS aux étudiants non boursiers ?

· Éducation

L’article 54 du projet de loi de finances pour 2027 prévoit des droits d’inscription annuels de 178 euros en BTS pour les étudiants non boursiers, alors que cette formation est aujourd’hui gratuite.

Le contexte

Le projet de loi de finances pour 2027, présenté le 1er octobre, crée dans son article 54 des droits d’inscription pour deux filières du supérieur installées en lycée : 178 euros par an en BTS et 270 euros en classe préparatoire aux grandes écoles. Seraient exonérés les étudiants boursiers, les pupilles de la Nation et de la République, les réfugiés et les demandeurs d’asile. Les montants suivraient ensuite l’inflation. Le texte n’est pas voté et sa date d’application n’a pas été précisée.

Le montant proposé pour le BTS est celui que paie un étudiant non boursier en licence à l’université en 2026-2027. Un master coûte 255 euros. La contribution vie étudiante et de campus s’élève par ailleurs à 105 euros en 2026-2027.

Le cas des classes préparatoires est différent : leurs élèves sont déjà inscrits en parallèle dans une université, où ils acquittent environ 180 euros de droits, d’après LCP. Les informations publiées ne disent pas comment les 270 euros s’articuleraient avec ce paiement.

Selon les chiffres du gouvernement rapportés par l’AFP, un étudiant coûte chaque année environ 17 000 euros à l’État en BTS, 19 000 euros en classe préparatoire et 12 500 euros à l’université. L’exécutif estime que la gratuité actuelle « constitue une singularité au sein de l’enseignement supérieur ».

La mesure concernerait une partie des 217 000 étudiants de BTS recensés en 2024. Leur profil social diffère de celui de l’université : d’après l’Observatoire des inégalités, qui s’appuie sur les données du ministère pour 2023-2024, 21,6 % des étudiants de BTS sont enfants d’ouvriers et 15,9 % enfants de cadres. À l’université, ces parts sont de 8,7 % et 34,9 %.

Le traitement des BTS préparés en apprentissage, qui relèvent du code du travail, n’est pas encore clarifié.

Les arguments pour

  • Un étudiant de BTS coûte plus cher à l’État qu’un étudiant d’université, qui paie déjà ses droits D’après le gouvernement, un étudiant revient à environ 17 000 euros par an en BTS contre 12 500 euros à l’université. L’étudiant non boursier en licence paie pourtant 178 euros, tandis que celui de BTS ne paie rien. La mesure appliquerait le même tarif aux deux.
  • La contribution ne serait demandée qu’aux familles au-dessus des critères de bourse Les boursiers, les pupilles de la Nation et de la République, les réfugiés et les demandeurs d’asile seraient exonérés. Le paiement reposerait donc sur les foyers dont les revenus dépassent les plafonds des bourses, selon le même principe qu’à l’université, où les boursiers ne paient pas leurs droits.

Les arguments contre

  • Le BTS accueille bien plus d’enfants d’ouvriers que l’université En 2023-2024, 21,6 % des étudiants de BTS étaient enfants d’ouvriers, contre 8,7 % à l’université. Faire payer cette filière touche donc une population plus modeste que la moyenne du supérieur, y compris des familles qui ne sont pas boursières.
  • Les familles juste au-dessus du plafond des bourses paieraient le plein tarif Les annonces publiées ne mentionnent ni tarif réduit ni dégressivité : un foyer qui dépasse de peu les critères de bourse paierait les mêmes 178 euros qu’une famille aisée, chaque année de formation. L’effet de seuil se concentre sur des ménages aux revenus moyens.
  • 178 euros couvriraient environ 1 % du coût d’un étudiant de BTS Rapportés aux 17 000 euros annuels avancés par le gouvernement, les droits pèseraient peu dans le financement de la formation. Pour l’État, la recette reste modeste ; pour une famille non boursière, il s’agit d’une dépense nouvelle, chaque année, dans une filière jusqu’ici gratuite.

Sources

Sondage clos le .

Donner mon avis : OUI ou NON