Approuvez-vous la dixième année de formation ajoutée aux futurs généralistes, effectuée surtout dans les déserts médicaux ?

· Santé

Depuis le 2 novembre, près de 2 700 docteurs juniors en médecine générale font une dixième année de formation en cabinet, dont 80 % dans des zones en grande difficulté d'accès aux soins, selon le ministère de la Santé.

Les mains d'un médecin en blouse blanche tenant un stéthoscope
Photo Nappy, Unsplash (licence Unsplash) ; recadrée en 3:4

Le contexte

Lundi 2 novembre, 2 682 internes de médecine générale ont commencé un an de stage dans des cabinets libéraux, des maisons de santé ou des centres de santé, selon le Collège national des généralistes enseignants cité par l'AFP. 600 autres les rejoindront en mai. Ils ont déjà soutenu leur thèse, mais une réforme de 2022 leur impose cette année de plus : la formation des généralistes passe de neuf à dix ans, comme pour les autres spécialités.

Ces docteurs juniors consultent, soignent et suivent des malades chroniques, sous la responsabilité d'un maître de stage. Ils sont salariés des hôpitaux universitaires. Selon le ministère de la Santé, 80 % ont été affectés dans des zones en grande difficulté d'accès aux soins. En Pays de la Loire, l'agence régionale de santé indique que plus de 94 % des stages se trouvent en zones sous-denses.

Selon l'AFP, 6,7 millions de Français, soit 11 % de la population, n'ont pas de médecin traitant. À Valençay (Indre), Sylvaine Le Liboux, dernière généraliste libérale de la commune, suit 2 000 patients et accueille deux docteurs juniors. Elle y voit « un grand espoir », celui de trouver, peut-être, un successeur.

Elle juge pourtant la réforme « mal ficelée » : salariés, ces jeunes médecins n'apprennent pas les réflexes de l'exercice libéral. Pour Eleonore Indienna, porte-parole du syndicat d'internes Isnar-IMG, le gouvernement « a un peu bâclé » la mise en œuvre de cette dixième année ; le syndicat juge possible « un petit impact » sur les déserts médicaux, sans garantie que les jeunes restent. Rémy Saunier, docteur junior à Derval (Loire-Atlantique), était prêt à s'installer en zone prioritaire ; il se dit « amer » : il suivra des patients qui ont déjà un médecin.

Les arguments pour

  • Des médecins arrivent là où des millions de patients n'en trouvent plus Quatre docteurs juniors sur cinq exercent dans des zones en grande difficulté d'accès aux soins, selon le ministère. Ils y assurent consultations, soins et suivi des maladies chroniques, sous la responsabilité d'un maître de stage.
  • Un an dans un territoire sous-doté peut donner envie d'y rester L'agence régionale de santé des Pays de la Loire estime que cette immersion peut favoriser une installation future sur place. À Valençay (Indre), la dernière généraliste libérale espère trouver, peut-être, un successeur parmi eux.

Les arguments contre

  • Des médecins déjà formés attendent un an de plus pour s'installer Thèse soutenue, ils restent en formation, salariés des hôpitaux universitaires, au lieu d'ouvrir leur cabinet. Un docteur junior d'Angoulême dit qu'il aurait préféré s'installer directement, mieux payé, et un autre, prêt à partir en zone prioritaire, suit des patients qui ont déjà un médecin.
  • Le stage ne prépare pas vraiment à tenir un cabinet libéral Selon le syndicat Isnar-IMG, cette année devait former à la gestion d'entreprise, à la comptabilité et au management, mais le gouvernement en a « un peu bâclé » la mise en œuvre. Une généraliste qui accueille deux docteurs juniors regrette qu'en tant que salariés, ils n'acquièrent pas les réflexes du libéral.

Sources

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