Les dirigeants européens doivent-ils boycotter le G20 de Miami si Vladimir Poutine y participe ?

· Europe et international

Invité par les États-Unis au sommet du G20 prévu les 14 et 15 décembre à Miami, Vladimir Poutine n'a pas encore dit s'il s'y rendrait, alors que le rapprochement entre Donald Trump et Moscou inquiète les Européens.

Un drapeau de l'Union européenne flotte au sommet d'un mât sur fond de ciel bleu
Photo Pascal Bullan, Unsplash (licence Unsplash), photo d'illustration ; recadrée en 3:4

Le contexte

Les États-Unis, qui président le G20 cette année, ont invité Vladimir Poutine au sommet prévu les 14 et 15 décembre à Miami, dans un complexe de golf de Donald Trump. Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, l'a confirmé le 23 septembre. Le Kremlin a répondu qu'il étudierait l'invitation et qu'« aucune décision n'a encore été prise ». Vladimir Poutine n'a plus participé en personne à un sommet du G20 depuis celui d'Osaka, en 2019.

Depuis, Donald Trump a conclu un accord sur le diesel avec Moscou et assoupli des sanctions contre la Russie, selon Euronews. Volodymyr Zelensky a qualifié cet accord d'« erreur historique ». Le 21 octobre, Euronews décrivait des dirigeants européens inquiets, mais soucieux de ne pas rompre avec Washington.

La position de l'Union européenne

L'Union européenne, membre du G20, y est représentée par Ursula von der Leyen et António Costa. Le porte-parole en chef adjoint de la Commission, Olof Gill, assure que l'UE continuera de condamner l'invasion de l'Ukraine dans les réunions du G20, « quels que soient les participants ». La Commission n'a pas voulu dire si Ursula von der Leyen éviterait la photo de famille en présence de Vladimir Poutine. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a jugé sur Sky News qu'il est « mauvais de normaliser des personnes qui déclenchent des guerres ».

Les arguments pour

  • S'asseoir à la même table que Poutine reviendrait à le traiter comme un dirigeant ordinaire Les Européens cherchent à isoler Vladimir Poutine depuis l'invasion de l'Ukraine. Kaja Kallas estime qu'il est « mauvais de normaliser des personnes qui déclenchent des guerres ».
  • Un boycott marquerait clairement le désaccord avec le rapprochement entre Washington et Moscou Donald Trump a assoupli des sanctions contre la Russie et conclu un accord sur le diesel que Volodymyr Zelensky qualifie d'« erreur historique ».

Les arguments contre

  • Être présent permet de condamner la guerre devant Poutine lui-même Depuis 2022, l'Union européenne se sert des réunions du G20 pour condamner l'invasion de l'Ukraine, et elle entend continuer « quels que soient les participants ». En restant absents, les Européens laisseraient Vladimir Poutine siéger sans entendre leur condamnation.
  • Un boycott fragiliserait le lien avec Washington, dont dépendent les pourparlers sur l'Ukraine Selon Euronews, Bruxelles, Berlin, Paris et Londres veulent garder un canal ouvert avec Washington, « même précaire », et participent aux pourparlers de paix menés par les États-Unis. Boycotter un sommet organisé par Donald Trump risquerait de les en éloigner.

Sources

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