Approuvez-vous que l’État puise dans ses stocks stratégiques de gazole pour faire baisser les prix ?
· Économie et consommation
Sébastien Lecornu a annoncé le 7 octobre la mise à disposition de 10 millions de barils de gazole des stocks stratégiques, pour une baisse visée de 12 à 18 centimes le litre.
Le contexte
Mercredi 7 octobre au soir, à la télévision, Sébastien Lecornu a annoncé que 10 millions de barils de gazole tirés des stocks stratégiques seraient proposés aux distributeurs pendant trois mois, au prix de revient. Le gouvernement en attend une baisse de 12 à 18 centimes par litre à la pompe. Pour un plein de 50 litres, cela représente 6 à 9 euros d’économie.
Le gazole se vendait en moyenne un peu plus de 2,35 euros le litre début octobre, d’après un relevé de l’AFP portant sur plus de 9 000 stations. Les cours restent tirés vers le haut par le conflit dans le Golfe et le blocage du détroit d’Ormuz.
Ce que représente cette réserve
La ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, chiffre le stock stratégique de gazole à 50 millions de barils. L’opération en mobilise donc environ un cinquième. Un décret doit encore être signé, et les modalités seront discutées avec les distributeurs à Matignon. Le gouvernement se donne un an pour reconstituer les volumes prélevés.
Les agriculteurs, les pêcheurs et le BTP, qui roulent au gazole non routier, sont aussi concernés. Les automobilistes qui roulent à l’essence ne le sont pas, alors que le SP95-E10 avoisine 2,15 euros le litre.
Pourquoi la mesure ne convainc pas tout le monde
Début octobre, les pays du G7 se sont entendus pour libérer jusqu’à 100 millions de barils de gazole et de brut, sous la coordination de l’Agence internationale de l’énergie. Les partisans de la mesure y voient un soulagement rapide pour ceux qui dépendent du diesel. D’autres jugent l’effort modeste face aux 54 millions de barils consommés en France en trois mois, et s’inquiètent de puiser dans une réserve prévue pour les pénuries.
Les arguments pour
- Un plein de diesel moins cher de 6 à 9 euros, dès les prochaines semaines Le gouvernement vise 12 à 18 centimes de baisse par litre pendant trois mois, alors que le gazole dépasse 2,35 euros. Un ménage qui fait un plein de 50 litres par semaine économiserait de 24 à 36 euros par mois si l’objectif est tenu.
- Les agriculteurs, les pêcheurs et le BTP paieront aussi moins cher Le gazole non routier entre dans le dispositif. Ces métiers ne peuvent pas réduire leur consommation du jour au lendemain, et la colère y monte déjà : des pêcheurs ont bloqué des dépôts pétroliers en Méditerranée en septembre.
Les arguments contre
- C’est entamer la réserve de secours au pire moment, avec le détroit d’Ormuz bloqué Ces stocks servent d’assurance en cas de rupture d’approvisionnement. La ministre assure qu’ils restent suffisants et que des volumes ont été sécurisés en Irak et au Canada, mais il faudra un an pour reconstituer ce qui sera prélevé.
- Les conducteurs de voitures à essence n’y gagnent rien Seul le gazole est concerné. Le litre de SP95-E10, autour de 2,15 euros, ne bouge pas, alors que beaucoup de petites voitures récentes roulent à l’essence.
- Une baisse trop courte et trop petite pour changer la donne Les 10 millions de barils couvrent moins d’un cinquième des 54 millions consommés en France sur trois mois. Une fois l’opération finie, rien n’empêche les prix de remonter, et la répercussion à la pompe dépend encore de l’accord avec les distributeurs.
Sources
- Carburants : Sébastien Lecornu annonce la libération de 10 millions de barils de gazole sur trois mois, Europe 1 (2026)
- Libération de gazole : ce qu’il faut savoir, Brut (2026)
- Carburants : le G7 convient de libérer à nouveau des stocks de gazole, L’info durable (AFP) (2026)
- Carburants, gaz pour l’hiver : l’exécutif sur tous les fronts, Connaissance des Énergies (AFP) (2026)
Sondage clos le .