Irez-vous faire vos courses en centre-ville un samedi de manifestation ?
· Économie et consommation
Le 24 octobre, 24 commerces ont été pillés en France, alors que 1 522 avaient été touchés le 17 octobre, mais les centres-villes sont restés peu fréquentés.
Le contexte
Le samedi 24 octobre, deuxième journée de mobilisation pour le pouvoir d'achat, a été bien plus calme que la précédente. Selon le bilan provisoire du ministère de l'Intérieur repris par l'AFP, 24 commerces ont été pillés, contre 1 522 commerces touchés le 17 octobre. À Bordeaux, moins de dix commerces ont été vandalisés, contre plus de 80 une semaine plus tôt.
Les centres-villes sont restés peu fréquentés. À Toulouse, où aucune dégradation n'a été relevée, la brasserie Les Arcades a servi 36 couverts au déjeuner, contre 300 à 400 un samedi midi ordinaire et quatre clients le samedi précédent, rapporte l'AFP. Sur Europe 1, le journaliste Éric Revel parle d'une « seconde vague de pertes », due selon lui au fait que « les gens ont peur de venir dans les commerces ».
À Paris, la préfecture de police avait demandé la fermeture de stations de métro et de RER dès 9 heures le 24 octobre, dont Argentine et Tuileries sur la ligne 1, et des coupures sur les lignes 2, 6 et 12, selon Presse-citron.
« Il reste huit semaines entre maintenant et Noël », rappelle Alain Di Crescenzo, de CCI France, qui précise que les boutiques fermées de leur propre initiative ne reçoivent aucune compensation. De nouveaux appels à manifester visent le samedi 31 octobre et le jeudi 5 novembre.
Les arguments pour
- Revenir en centre-ville aide des commerçants fragilisés à huit semaines de Noël Pour Alain Di Crescenzo, de CCI France, l'impact majeur des manifestations reste la perte de chiffre d'affaires, et la période avant Noël est décisive. Il rappelle que ces commerces sortaient déjà d'un été marqué par des canicules, qui avaient éloigné les clients des centres-villes. Judith Jiguet, de la fédération du commerce et de la distribution, prévient que fermer ou se barricader ne peut pas devenir la norme.
- Le dernier samedi a montré que le risque de pillage a nettement reculé Le 24 octobre, le ministère de l'Intérieur a compté 24 commerces pillés et 75 incendies sur la voie publique, contre 1 522 commerces touchés et 2 025 incendies le 17 octobre. Les effectifs avaient été renforcés de 20 %, avec 70 000 policiers et gendarmes mobilisés, et le ministre Laurent Nuñez attribue ce résultat à l'anticipation.
Les arguments contre
- Un policier prévient que les forces de l'ordre ne pourront pas être partout si le mouvement s'étend Un policier spécialiste du maintien de l'ordre à Paris, cité anonymement par l'AFP, prévient : « On est en capacité quasi maximale, on ne pourra pas être partout et suffisamment forts ». Même lors de la journée plus calme du 24 octobre, 1 314 personnes ont été interpellées et 53 membres des forces de l'ordre blessés, selon un bilan provisoire.
- À Paris, des stations fermées et des lignes coupées peuvent compliquer le trajet Le 24 octobre, la préfecture de police avait demandé la fermeture dès 9 heures d'une vingtaine de stations, dont Argentine, Tuileries, Concorde et Saint-Germain-des-Prés. Les lignes 2, 6 et 12 devaient aussi être coupées sur une partie de leur trajet, et les tramways T3a et T3b sur une partie de leur parcours de 10 heures au lendemain 6 heures, selon Presse-citron.
Sources
- Après un samedi plus calme qu'attendu, les autorités prudentes sur les suites de la colère sociale, Sud Radio (AFP) (2026)
- Manifestations : des commerçants soulagés mais inquiets pour les prochains week-ends, Sud Radio (AFP) (2026)
- Émeutes du 17 octobre : «Les commerces subissent une seconde vague de pertes, car les gens ont peur de venir», pointe Éric Revel, Europe 1 (2026)
- Paris ferme ses métros et ses RER pour les manifestations de ce samedi : voici les zones à éviter, Presse-citron (2026)
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