Faut-il autoriser les boucliers à flashs lumineux pour disperser les manifestants ?
· Justice et sécurité
La police expérimente des boucliers émettant des flashs aveuglants, utilisés lors de manifestations lycéennes à Paris ; la LDH et RSF demandent leur retrait.
Le contexte
Une bande lumineuse fixée sur le bouclier projette des flashs verts ou blancs à haute fréquence. Face à elle, impossible de regarder les policiers. Ces boucliers ont été utilisés à Paris, mardi et jeudi, lors des manifestations lycéennes, notamment par la BRAV-M.
Le ministère de l’Intérieur parle d’une expérimentation et d’un « moyen de force intermédiaire » dans la gradation du maintien de l’ordre. Quatorze de ces ceintures lumineuses ont été distribuées à la police, à la gendarmerie et à la préfecture de police. Selon une source policière, elles servent après les sommations, quand une unité fait face à des manifestants qui lancent des projectiles : l’effet de voile les disperse.
Ce que contestent les opposants
Reporters sans frontières craint que ces flashs empêchent les journalistes de filmer. La Ligue des droits de l’Homme demande leur retrait pour entrave à la presse et évoque des maux de tête et des risques pour les personnes épileptiques. Le ministère répond que la lumière, produite par des LED, « n’est pas dangereuse pour l’être humain ».
Les arguments pour
- Une lumière pour disperser plutôt que des grenades ou des LBD Le ministère présente ces boucliers comme un moyen intermédiaire : ils font reculer un groupe qui lance des projectiles sans blesser physiquement, alors que les grenades et les LBD peuvent mutiler.
- Protéger les policiers face aux jets de projectiles Utilisés après les sommations, quand des manifestants visent les forces de l’ordre, les flashs empêchent de viser et créent un effet de voile qui disperse le groupe, selon une source policière.
Les arguments contre
- Des images inexploitables, donc moins de contrôle sur l’action de la police RSF et la LDH constatent que, le soir, les vidéos ne montrent plus que la lumière. Sans images, journalistes et observateurs ne peuvent plus documenter les interventions, y compris d’éventuels abus.
- Des risques pour la santé, en particulier pour les épileptiques Les flashs à haute fréquence peuvent provoquer des maux de tête, et la LDH alerte sur le risque pour les personnes épileptiques présentes dans la foule. Le ministère affirme le contraire, mais n’a publié ni étude ni coût de l’expérimentation.
Sources
- Le bouclier stroboscopique, nouveau dispositif de maintien de l’ordre contesté, Sud Radio (AFP) (2026)
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