Faut-il désactiver par défaut les compagnons d'IA et les chatbots pour les moins de 18 ans ?

· Sciences et numérique

Selon une étude YouGov pour l'ONG Interface, présentée le 23 octobre, 56 % des 11-12 ans en France utilisent chaque semaine une IA générative. La Commission européenne propose de désactiver par défaut les compagnons d'IA et les chatbots pour les mineurs.

Un jeune homme avec un sac à dos, assis sur un muret, regarde son téléphone
Photo Anton Ryazanov, Unsplash (licence Unsplash), lieu non précisé ; recadrée en 3:4

Le contexte

Chez les 11-12 ans en France, 56 % utilisent au moins un outil d'IA générative chaque semaine, et 16 % se servent de compagnons virtuels, selon une étude YouGov pour l'ONG berlinoise Interface, présentée par Euronews le 23 octobre. L'enquête a été menée en ligne en France du 24 au 30 juin 2026 auprès de 1 138 parents et de 970 enfants de 11 à 17 ans.

Les parents mesurent mal cet usage. Chez les 11-12 ans, 40 % disent utiliser chaque semaine une IA généraliste, mais seuls 26 % des parents le savent. Et 42 % des parents ne se sentent pas du tout soutenus pour aider leurs enfants. Selon Jessica Galissaire, chercheuse chez Interface, 92 % des jeunes utilisateurs d'IA générative disent y passer plus de temps qu'ils ne le voudraient.

Le projet européen KIDS Act

Le 17 septembre, la Commission européenne a adopté une proposition, l'EU KIDS Act. Pour les utilisateurs de moins de 18 ans, les compagnons d'IA et les chatbots « devront être désactivés par défaut », et ils ne pourront pas imiter des relations au point de créer une dépendance affective. Le texte prévoit aussi d'interdire aux réseaux sociaux d'accueillir les moins de 13 ans. Il doit encore être examiné par le Parlement européen et le Conseil.

Jessica Galissaire juge que les contrôles parentaux et les restrictions d'âge ne suffiront pas. Elle préfère obliger les plateformes à être sûres dès leur conception et plaide pour la prévention en plus de la régulation.

Les arguments pour

  • Les jeunes passent déjà plus de temps sur l'IA qu'ils ne le souhaitent Selon Jessica Galissaire, d'Interface, 92 % des jeunes utilisateurs d'IA générative disent y passer plus de temps qu'ils ne le voudraient. La proposition européenne prévoit aussi d'empêcher les compagnons d'IA de simuler des relations d'une manière qui crée une dépendance affective.
  • Les parents ne peuvent pas protéger leurs enfants d'un usage qu'ils ignorent Chez les 11-12 ans, 40 % disent utiliser chaque semaine une IA généraliste, mais seuls 26 % des parents le savent. Avec un blocage par défaut, la protection ne dépend plus de ce que les parents savent de cet usage.

Les arguments contre

  • Les blocages par âge donnent une fausse impression de sécurité Jessica Galissaire, chercheuse chez Interface, l'ONG qui a commandé l'étude, juge que les contrôles parentaux et les restrictions d'âge ne suffiront pas, et que les interdictions par âge donnent un faux sentiment de sécurité. Elle préfère obliger les plateformes à être sûres dès leur conception.
  • La prévention et l'école comptent plus qu'un blocage par défaut 51 % des parents estiment que les enseignants et les écoles doivent les aider à éduquer et protéger leurs enfants face à l'IA. Pour Jessica Galissaire, d'Interface, « la régulation, à elle seule, ne suffira jamais », et la prévention doit compléter les règles.

Sources

Vote ouvert jusqu’au .

Donner mon avis : OUI ou NON