La Banque d’Angleterre a-t-elle raison de remplacer Churchill et Jane Austen par des animaux sur ses billets ?
· Europe et international
La Banque d’Angleterre a annoncé le 8 octobre que le macareux, la chouette effraie, le bourdon et le hérisson remplaceront les personnalités sur ses futurs billets.
Le contexte
Winston Churchill sur le billet de 5 livres, Jane Austen sur celui de 10, le peintre William Turner sur le 20 et le mathématicien Alan Turing sur le 50 vont disparaître. Le 8 octobre, la Banque d’Angleterre a annoncé que sa prochaine série montrerait à leur place le macareux moine, la chouette effraie, le bourdon terrestre et le hérisson.
Ces quatre animaux ont été retenus parmi 18 espèces soumises au public cet été. D’après Europe 1, environ 500 000 Britanniques ont participé à la consultation. Un an plus tôt, un premier appel aux idées avait déjà placé la nature en tête des propositions, devant les autres thèmes suggérés comme les personnages historiques, l’architecture ou les arts.
Ce que la banque met en avant
L’institution veut des coupures faciles à distinguer les unes des autres, et compte intégrer la silhouette et les mouvements des animaux aux dispositifs anticontrefaçon. Le portrait du monarque restera sur les billets. Ceux à l’effigie de Charles III, comme ceux d’Elizabeth II, continueront d’avoir cours.
Il faudra être patient. Conception, essais et impression prennent des années : pour la série actuelle, le premier billet était sorti environ cinq ans après le lancement du projet.
Ce qui fâche outre-Manche
L’idée de voir un animal prendre la place de Churchill a provoqué l’indignation d’une partie de la classe politique britannique. Les partisans du projet rappellent que la banque cherchait justement un thème qui ne divise pas et qui tienne plusieurs décennies.
Les arguments pour
- Ce sont les Britanniques eux-mêmes qui ont choisi la nature et ces quatre animaux La nature est arrivée en tête du premier appel aux idées, puis environ 500 000 personnes ont départagé les 18 espèces. Des billets que chacun a en poche reflètent ainsi un choix populaire plutôt que celui d’un comité.
- Un hérisson ne divise personne, alors que chaque personnalité ouvre une querelle La banque exigeait un thème qui ne soit pas source de division et qui reste valable pendant des décennies. Choisir un nom historique relance à chaque fois la bataille de qui mérite d’y figurer, alors que la faune du pays parle à toutes ses régions.
- Des billets plus difficiles à imiter pour les faussaires Selon la Banque d’Angleterre, les formes et les mouvements des animaux peuvent être intégrés aux éléments de sécurité. La nouvelle série a justement été lancée pour mieux résister à la contrefaçon.
Les arguments contre
- Les billets cessent de raconter l’histoire du pays Churchill, Austen, Turner et Turing rappellent à chaque paiement la politique, la littérature, la peinture et la science britanniques. La banque présente elle-même ses billets comme une image de l’identité nationale, et un bourdon la raconte beaucoup moins bien.
- Retirer Churchill de la monnaie heurte un symbole national Le remplacement de l’ancien Premier ministre par un animal a suscité l’indignation d’une partie de la classe politique britannique. Pour ces critiques, effacer une figure aussi liée à l’histoire du pays envoie un signal de renoncement, quel que soit le charme du hérisson.
Sources
- Winston Churchill, Jane Austen, William Turner... Voici par quoi ils seront remplacés sur les billets anglais, Europe 1 (2026)
- La Banque d’Angleterre a publié une liste restreinte de 18 animaux indigènes qui pourraient figurer sur les billets, Secret London (2026)
- Les billets de banque britanniques sont sur le point de subir un changement majeur, Secret London (2025)
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