Faut-il augmenter le Smic de 10 % ?
· Travail et protection sociale
La CGT, qui réclame une hausse de 10 % du Smic, appelle à une grève générale le 5 novembre après la réunion des syndicats à Matignon du 21 octobre, où le gouvernement a, selon la CFTC, « ouvert la porte » à une discussion sur le salaire minimum.
Le contexte
Le 21 octobre, après la journée de mobilisation du 17 octobre contre la vie chère, Sébastien Lecornu a reçu les syndicats à Matignon pendant deux heures et demie. À la sortie, la CGT a appelé à une grève générale le 5 novembre. Elle réclame une hausse de 10 % du Smic, l'indexation des salaires sur les prix et une augmentation des salaires des fonctionnaires.
Le président de la CFTC, Cyril Chabanier, a jugé la réunion « très décevante », tout en relevant que le gouvernement avait « ouvert la porte » à une discussion sur le Smic. L'intersyndicale qui appelle à manifester le 5 novembre demande, selon l'AFP, « l'augmentation du Smic et de toutes les aides sociales ».
Depuis le 1er janvier 2026, le Smic brut s'élève à 1 823,03 euros par mois pour 35 heures, soit environ 1 443 euros nets. Il avait alors progressé de 1,18 %.
En novembre 2024, 2,2 millions de salariés du privé, hors agriculture, étaient payés au salaire minimum, soit 12,4 % des salariés. Le groupe d'experts sur le Smic déconseillait en novembre 2025 d'aller au-delà de la hausse automatique. Il mettait en avant le coût du travail, le coût des exonérations de cotisations et le niveau du Smic, qui atteignait 62,5 % du salaire médian en 2024.
Les arguments pour
- Un salarié au Smic à temps plein gagnerait environ 144 euros nets de plus chaque mois Le Smic net à temps plein tourne autour de 1 443 euros par mois depuis janvier. Une hausse de 10 % représenterait donc environ 144 euros supplémentaires, bien plus que la revalorisation de 1,18 % du 1er janvier.
- Plus de deux millions de salariés du privé en profiteraient directement En novembre 2024, 2,2 millions de salariés du privé hors agriculture étaient payés au salaire minimum, soit 12,4 % des salariés. Leur salaire augmenterait mécaniquement, sans attendre une négociation de branche ou d'entreprise.
Les arguments contre
- Une hausse brutale pourrait coûter des emplois dans les secteurs les moins productifs Le groupe d'experts sur le Smic juge qu'aller au-delà de la hausse automatique crée « un risque d'ajustement par l'emploi, notamment dans les secteurs à faible productivité ». Les entreprises qui ne peuvent pas absorber le surcoût embaucheraient moins.
- Les salariés payés un peu plus que le Smic seraient rattrapés par le minimum Les experts s'inquiètent déjà d'une compression des salaires autour du Smic, qui « rigidifie les grilles salariales et renchérit le coût du travail en bas de l'échelle ». Si les salaires voisins ne suivent pas, davantage de salariés se retrouvent payés au niveau du Smic, avec peu de perspectives de progression.
Sources
- La CGT appelle à une grève générale le 5 novembre, à l'issue de la réunion à Matignon des syndicats, Public Sénat (2026)
- Salaires, services publics, éducation : que demandent les manifestants ?, AFP, repris par La Libre (2026)
- Revalorisation du Smic au 1er janvier 2026 : + 1,18 %, La finance pour tous (2025)
- Revalorisation du SMIC en 2026 : pas de coup de pouce en vue, Journal de l'économie (2025)
- SMIC : pourquoi l'augmentation sera limitée à 1,4% en 2026, Economie Matin (2025)
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