Faut-il moins indemniser les arrêts maladie courts et mieux accompagner les arrêts longs ?
· Travail et protection sociale
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, demande aux syndicats et au patronat de trouver un milliard d'euros d'économies sur les arrêts maladie et défend l'idée de moins protéger les arrêts courts pour mieux accompagner les arrêts longs, selon Entrevue.
Le contexte
Les arrêts de travail, y compris ceux liés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles, ont coûté 17,9 milliards d'euros à l'Assurance maladie en 2025, selon Entrevue. Le nombre d'arrêts indemnisés a augmenté de 10 % entre 2019 et 2025, pour atteindre 9,1 millions, selon Europe 1. Le gouvernement de Sébastien Lecornu veut économiser 2 milliards d'euros sur ce poste en 2027, dont 1 milliard par une réforme négociée avec les syndicats et le patronat.
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, leur a donné jusqu'au 19 décembre pour proposer des solutions, faute de quoi le gouvernement pourrait agir par voie réglementaire. Une première réunion est prévue le jeudi 29 octobre. Le ministre a défendu l'idée de moins protéger les arrêts courts pour mieux accompagner les arrêts longs, rapporte Entrevue.
Aujourd'hui, un délai de carence de trois jours s'applique en principe avant le début du versement des indemnités journalières, sauf exceptions. Parmi les pistes évoquées, selon Entrevue, figurent la durée d'indemnisation, le plafond des indemnités journalières, les compléments de salaire versés par les employeurs et le renforcement des contrôles. Un allongement du délai de carence n'a pas été officiellement retenu.
Les syndicats veulent éviter que la recherche d'économies se traduise par une baisse de la protection des salariés malades. Les organisations patronales doivent évaluer ce que coûterait pour les entreprises une modification des compléments de salaire.
Les arguments pour
- Les salariés arrêtés longtemps seraient mieux accompagnés Le ministre du Travail défend l'idée de moins protéger les arrêts courts pour mieux accompagner les arrêts longs, selon Entrevue.
- La réforme aiderait à contenir une dépense en forte hausse Le nombre d'arrêts indemnisés a augmenté de 10 % entre 2019 et 2025, pour atteindre 9,1 millions, selon Europe 1, et les arrêts de travail ont coûté 17,9 milliards d'euros à l'Assurance maladie en 2025, selon Entrevue. La négociation doit dégager 1 milliard d'euros d'économies.
Les arguments contre
- Les arrêts courts subissent déjà en principe trois jours de carence Un délai de carence de trois jours s'applique déjà en principe avant le versement des indemnités journalières. Réduire encore la prise en charge des arrêts courts toucherait aussi les salariés réellement malades pour quelques jours.
- La recherche d'économies risque de réduire la protection des salariés malades Le gouvernement veut économiser 1 milliard d'euros. Une baisse des indemnités ou des compléments versés par les employeurs pourrait réduire le revenu de certains salariés, souligne Entrevue.
Sources
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