Les armées européennes doivent-elles remplacer par des outils européens les réseaux et logiciels militaires américains ?
· Europe et international
Après le bridage du réseau militaire Starshield de SpaceX en Ukraine, les dirigeants européens craignent que Washington utilise les technologies américaines comme moyen de pression, selon Euronews.
Le contexte
Mi-octobre, des responsables ukrainiens ont signalé que Starshield, le réseau de communications militaires de SpaceX dont dépendent leurs forces sur le front, était bridé. Selon des sources ukrainiennes citées par l'AFP, le signal se coupait quand l'antenne dépassait environ 160 km/h, au détriment des drones intercepteurs et de certaines frappes à moyenne portée.
« Toute limitation de débit ou d’utilisation est décidée par l’armée américaine », affirme Elon Musk, pour qui Starshield appartient au gouvernement américain. Selon Reuters, cité par l'AFP, l'ordre de ralentir serait venu de la Maison-Blanche, ce qu'un haut responsable américain dément. Le 16 octobre, Volodymyr Zelensky indiquait que les connexions n'étaient pas entièrement rétablies.
Selon Euronews, les dirigeants européens craignent que Washington se serve des technologies américaines comme moyen de pression sur ses alliés. Le 21 octobre, l'entreprise américaine Palantir, qui fournit à l'OTAN son logiciel militaire Maven après un appel d'offres de 480 millions d'euros remporté en 2025, a assuré auprès de Reuters qu'il n'existait « aucun mécanisme d'arrêt ».
La France et l'Allemagne ont choisi de ne pas utiliser Maven, et la France a développé son propre service, Arcadia.
Les arguments pour
- Washington peut brider un outil dont dépend une armée en guerre En Ukraine, le réseau Starshield a été ralenti au point de gêner les drones intercepteurs, et Elon Musk renvoie la décision à l'armée américaine. Une armée européenne équipée des mêmes outils dépendrait elle aussi d'un choix pris à Washington.
- La France a déjà développé son propre logiciel à la place de Maven Paris et Berlin ont écarté Maven par crainte qu'une entreprise privée dispose d'un contrôle trop étendu sur les opérations. La France a développé à la place son propre service, Arcadia, et le vice-amiral allemand Thomas Daum a exclu que des industriels accèdent aux données nationales allemandes.
Les arguments contre
- Palantir assure que les armées clientes gardent la main sur son logiciel Selon Palantir, ni l'entreprise ni les États-Unis ne peuvent désactiver Maven. Starshield appartient au gouvernement américain selon Elon Musk, et ce cas ne vaudrait donc pas pour tous les outils.
- L'OTAN a déjà engagé un contrat de 480 millions d'euros pour Maven Le logiciel est déployé au SHAPE et au Commandement de forces interarmées alliées, où il a atteint sa pleine capacité technique opérationnelle en juin 2026. Y renoncer obligerait à financer et à installer un remplacement alors que l'outil fonctionne déjà.
Sources
- Palantir assure que le système d'IA de l'OTAN n'a pas de « kill switch » après les coupures Starlink, Euronews (2026)
- Ralentissement de Starshield en Ukraine : Musk rejette la responsabilité sur Trump, Euronews (2026)
- Trump n'a jamais donné l'ordre de brider le réseau Starshield en Ukraine, selon la Maison-Blanche, Noovo Info (AFP) (2026)
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